Tel-Aviv insolite : les sept lieux secrets de la ville

Il y a le Tel-Aviv qu'on visite - les plages, le Bauhaus, le marché du Carmel - et celui qu'on ne pense pas à regarder. Un cimetière au milieu des immeubles, un monument que personne ne remarque, un verger en accès libre le long d'un trottoir. Voici sept lieux qui existent depuis toujours, sans jamais figurer sur la liste.

bâtiment avec une porte condamnée

Manger ses fruits sans payer un shekel

Comme beaucoup de villes méditerranéennes, Tel-Aviv compte quantité d'arbres fruitiers en accès libre - orangers, figuiers, grenadiers - le long des rues et dans les parcs. La municipalité va jusqu'à prêter des cueilleurs, ces longues perches munies d'une pince. L'application Falling Fruit cartographie les arbres accessibles ; la presse israélienne a documenté la pratique, notamment autour de Tou Bichvat, la fête des arbres.

C'est l'idée de la ville-jardin, inscrite dans le plan d'origine de Tel-Aviv, prise au pied de la lettre - et accessoirement l'une des rares choses gratuites. Ces fruits ont meilleur goût que ce qui se vend au poids dans les marchés de la ville.

Le cimetière de Trumpeldor

Fondé en 1902, le cimetière de Trumpeldor est le plus ancien de Tel-Aviv, et son panthéon de fait. Y reposent les fondateurs et les noms qui ont façonné le pays : le maire Meïr Dizengoff, le poète Haïm Nahman Bialik, le chanteur Arik Einstein. Aujourd'hui cerné par les immeubles du centre-ville, il offre ce paradoxe d'un lieu de mémoire nationale qu'on traverse comme un raccourci.

Reste l'ironie que porte son nom : Joseph Trumpeldor, le héros auquel le cimetière doit son appellation, n'y est pas enterré. Il est mort en 1920 à Tel Haï, en Galilée, et y repose.

Tel-Aviv vue d'en haut

Pour comprendre une ville, il faut parfois prendre de la hauteur. Le Centre Azrieli - trois tours dont les sections dessinent un carré, un triangle et un cercle - abrite au 49e étage de la tour ronde l'un des plus hauts observatoires du Moyen-Orient. La vue embrasse la mer, l'étalement urbain, et la ligne nette où la ville blanche cède au sud plus ancien.

L'accès se fait par le centre commercial : direction le troisième étage, puis un ascenseur rapide jusqu'au sommet.

Tours Azrieli - 132 Menachem Begin Rd. (entrée payante)

les tours azrieli

La maison de David Ben Gourion

C'est une maison sans faste, au centre-ville, dans une rue qui portait le nom de KKL avant d'être rebaptisée du nom de son occupant. David Ben Gourion y vécut, et c'est de là qu'il partit le 14 mai 1948 vers le Musée de Tel-Aviv pour proclamer la déclaration d'Indépendance.

Le musée se visite en une heure. Sa bibliothèque - vingt mille volumes - occupe l'essentiel de l'espace.

La rue Bialik

Pour ma part, c'est l'une des plus belles rues de Tel-Aviv : courte, en impasse, elle concentre plus de mémoire au mètre carré que n'importe quelle artère de la ville. Au numéro 14, la maison où vécut le peintre Reuven Rubin se visite - prolongement naturel pour qui a aimé ses toiles au Musée d'art de Tel-Aviv. Plus loin, la maison du poète Haïm Nahman Bialik, qui donna son nom à la rue, et l'ancien hôtel de ville, devenu musée de l'histoire de la ville.

Trois maisons, trois façons d'avoir compté - un peintre, un poète, une administration - sur quelques dizaines de mètres.

London Garden - L'Exodus

Au-dessus du front de mer, le London Garden abrite un monument que la plupart des promeneurs longent sans le voir. Il commémore l'Aliyah Bet, l'immigration clandestine de Juifs vers la Palestine sous mandat britannique, et fut initié par Yossi Harel - commandant de l'Exodus, le navire de réfugiés que la marine britannique refoula en 1947 sous l'œil de la presse mondiale. Harel inspirera plus tard le personnage qu'incarne Paul Newman dans le film Exodus. Le monument a été donné par sa fille, Lady Sharon Harel Cohen, et son mari Sir Ronald Cohen.

L'histoire de l'Exodus a fait le tour du monde - un roman, un film, Paul Newman dans le rôle du commandant. Le mémorial, lui, se tient coincé entre un McDonald's et le flot de promeneurs qui rejoignent la plage Frischman sans même s'en apercevoir.

Prendre un cours de danse israélienne gratuitement

Le samedi, sur Gordon Beach, des danseurs se réunissent pour pratiquer la danse folklorique israélienne en plein air. La séance est ouverte à tous, sans niveau requis, et gratuite - un rituel d'habitants plutôt qu'un spectacle pour visiteurs, où l'on entre dans la ronde sans avoir été invité.

Gordon Beach - le samedi, en milieu de journée.


A lire aussi : Le guide complet de Tel-Aviv

Regarder une ville et la visiter ne se confondent pas tout à fait. Le guide complet de Tel-Aviv s'occupe de ce qui se voit d'emblée - quartiers, marchés, activités - pour qui veut, après ces sept détours, retrouver aussi ce qu'elle montre volontiers.

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